Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Coup de froid sur la centrale thermique

with 4 comments

Comme à Ancud, sur l'île de Chiloé, le Chili possède de nombreux sites naturels à préserver pour leurs faunes et leurs flores (photo Anthony Quindroit)

Une déconvenue pour le président chilien Sebastian Piñera ? Les rebondissements autour de la centrale thermique qui doit être réalisée d’ici 2012 par le consortium franco-belge Suez-Energy ne lui a pas fait perdre son habituel sourire « ultra bright ». Samedi 27 août, trois jours à peine après avoir annoncé fièrement que les autorités chiliennes validaient le projet du groupe Suez de construire une centrale thermique à Barrancones, à proximité immédiate de Punta Choros, il est revenu sur ses propos. Car, c’est précisément à l’endroit où se trouve « une faune extraordinaire dont des dauphins, des pingouins… », vantent différents sites internet dédiés au tourisme. Là où les magnifiques plages méritent à elles seules le déplacement, peut-on encore lire sur quelques forums.

Le projet a beau s’élever à 1,1 milliard de dollars, il ne se fera pas. Du moins, pas dans ces conditions, pas tout de suite. L’opposition virulente d’associations et d’officiels chiliens a incité l’Exécutif à faire marche arrière : Piñera a assuré revoir ses plans et promis à Suez de lui dégoter un autre site pour s’implanter. Et le Président chilien de sortir de sa manche une batterie de mesures destinées à éviter les dérives à l’avenir : « Nous allons devoir doubler nos sources d’énergie au cours des dix prochaines années, a-t-il prévenu lors d’un déplacement vendredi à Punta Choros. Mais nous devons aussi perfectionner notre législation environnementale et assurer la préservation de l’environnement pour l’avenir. »

En clair, plus un seul projet industriel ne pourrait être monté sans passer aux travers des mailles d’un arsenal environnemental destiné à limiter l’impact sur l’environnement. L’idée étant de protéger les réserves naturelles et la biodiversité.

De belles paroles pour l’instant mais qui collent à l’esprit du personnage. Celui que les médias internationaux ont rapidement dépeint comme « un Berlusconi à la chilienne » – c’est l’une des plus grosses fortunes d’Amérique du sud – est déjà revenu sur quelques chantiers qu’il souhaitait engager face à la pression populaire. Dans la foulée de la déclaration, il a d’ailleurs été rappelé que les ministères concernés travaillaient à l’élaboration d’un plan de développement des énergies renouvelables.

De l’autre côté, le discours écologique tranche avec la réalité du terrain : fin septembre, Sebastian Piñera se rend aux Etats-unis. Le thème de son voyage ? Le nucléaire. Le Chili se penche en effet depuis quelques temps sur son développement dans le pays. L’art de ménager la chèvre et le chou ?

Advertisements

Written by Anthony Quindroit

30 août 2010 à 1 h 20 min

4 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. D’abord un pas en arrière et pour une fois dans le bon sens, ca rend le personnage sympathique. Il faut dire que le président chilien soigne son image et son discours plein d’émotion pour officialiser que les 33 miniers étaient sains et saufs le rend médiatiquement humain.
    Face à la pression des industriels aucun doute que d’autres arrangements se feront dans les arrières chambres du pouvoir.
    Le point positif c’est que des milliers de chiliens se sont mobilisés, que la conscience environnementale s’éveille petit à petit et s’exprime et c’est l’impunité des décisions affairistes et unilatérales qui est remis en question… Obligeant les politiques à faire des effets d’annonce qui sur le papier sont encourageants… Affaire à suivre avec beaucoup d’intérêt…

    Julien d’AB depuis Santiago 01/09/10

    Actions Biodiversité

    2 septembre 2010 at 4 h 14 min

    • Il semble effectivement qu’il y ait une prise de conscience. Reste à souhaiter que ce ne soit pas qu’un effet d’annonce. Le Chili possède de nombreux espaces sauvages à préserver. L’intérêt environnemental prendra-t-il le pas sur l’intérêt économique ou les deux parviendront-ils à cohabiter ? L’avenir nous le dira…
      Au plaisir.

      Anthony Quindroit

      2 septembre 2010 at 15 h 53 min

  2. Espérons que l’accident de Fukushima refroidisse l’intérêt du nucléaire porté par le gouvernement chilien.

    Le Japon et le Chili sont très similaires d’un point de vue risques sismiques (rappelons-nous l’an dernier…) avec des tsunamis qui pourraient être encore plus dévastateurs au vu de la configuration du relief sous-marin le long des côtes chiliennes.

  3. […] au nom de la préservation de l’environnement (souvenez-vous, Chili et carnets en parlait ici). De nombreuses protestations avaient obligé le gouvernement à revoir sa copie, avant de […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :