Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Chili et Bolivie : incident ou provocation ?

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Dans un contexte diplomatique déjà tendu, un « incident » est survenu dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juin 2011 à la frontière chilo-bolivienne. Des policiers chiliens ont interpellés quatorze militaires boliviens armés qui circulaient au Chili, à quelques kilomètres de Colchane, le dernier village chilien avant la Bolivie.

Les Boliviens se trouvaient à bord de deux véhicules supposés volés. La version bolivienne affirme que les militaires ont arrêtés des contrebandiers qui roulaient avec ces véhicules à la frontière et qu’ils les ramenaient donc aux carabineros chiliens. Mais, des habitants de Colchane affirment avoir été agressés un peu plus tôt par des militaires boliviens qui auraient volé leurs véhicules.
Les faits ont rapidement été qualifiés de « graves » par le monde politique au Chili qui a sèchement rappelé la Bolivie à l’ordre. Les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères ont été les premiers à réagir.

Alfredo Moreno, Chili, ministre des Affaires étrangères

Alfredo Moreno, ministre chilien des Affaires étrangères, a prévenu : "Cela ne doit pas se reproduire..." Sinon ? (photo DR)

Car la situation entre Chili et Bolivie est loin d’être idyllique ces derniers mois. Depuis la sortie du président bolivien Evo Morales sur la nécessité pour son pays de bénéficier d’un accès à la mer. Donc de bénéficier d’un passage privilégié par le Chili, voire même de « récupérer » une grande partie du désert d’Atacama, territoire perdu par la Bolivie au XIXe siècle lors de la Guerre du Pacifiques (Chili et carnets en parlait ici ou encore ). Cette exigence de plus en plus pressée tend les relations bilatérales. Et un tel événement ne fait que mettre un peu plus d’huile sur le feu.
Les réactions n’ont pas tardé : « Il faut une meilleure coopération entre les deux états pour éviter que de tels faits ne se transforment en incident diplomatique », prône le sénateur Eugenio Tuma (Partido por la Democracio, centre-gauche). « La Bolivie doit sanctionner ces faits », prévient le ministre des Affaires étrangères, Alfredo Moreno Charme. D’autres rappellent que la situation aurait pu être bien pire : tous les intervenants été armés au moment des faits…
Treize militaires ont été placés en détention et le quatorzième, mineur, a été envoyé dans un centre spécialisé en attendant que le sac de noeuds soit démêlé. Et que les tensions s’apaisent.

Mise à jour du lundi 20 juin 2011 :

Les quatorze militaires ont finalement pu rentrer en Bolivie. Les accusations de vols avec intimidations n’ont pas été retenues pour ne pas « tendre un peu plus les relations déjà difficiles entre les deux pays », assurent plusieurs responsables proches du gouvernement chilien. Les armes confisquées ne devraient toutefois pas être restituées. La Paz s’est une nouvelle fois défendu d’avoir agi intentionnellement, assurant que l’incident avait eu lieu « dans une zone où la frontière entre les deux pays n’est pas très bien marquée. »

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Written by Anthony Quindroit

19 juin 2011 à 18 h 30 min

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