Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Chili : objectif tourisme

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Le Chili était présent sur le salon "Top Résa" à Paris avec l'envie de devenir une destination touristique de premier plan (photos Anthony Quindroit)

Le Chili était présent sur le salon « Top Resa » à Paris avec l’envie de devenir une destination touristique de premier plan (photo Anthony Quindroit)

L’international french travel market (IFTM) Top Resa a refermé ses portes à Paris – porte de Versailles – vendredi 21 septembre. Durant ce salon réservé aux professionnels du tourisme et du voyage, les tours-opérators, compagnies aériennes et autres offices de tourisme du monde entier rivalisent d’animations et de cadeaux pour attirer la manne touristique.
Cette année, devant le stand des très actifs Colombiens et leurs représentants tout en sourires et costumes traditionnels, le Chili propose dégustation de vins et de fromages. L’ambiance est studieuse et les ambassadeurs touristiques du Chili n’ont pas une minute à eux durant le salon. Depuis l’arrivée de Sebastián Piñera à la Moneda, le tourisme s’est fait dossier prioritaire, le président voulant atteindre les quatre millions de touristes au Chili en 2014 (plus de 3 millions en 2011 et moins d’un million il y a dix ans). La méthode de vente à l’étranger a été complètement revue. Exemple le plus marquant : l’embauche en France de  l’agence de marketing et de représentation touristique « Interface Tourism » pour assurer la promotion des richesses touristiques chiliennes.

  • « Il y a encore dix-huit mois, le Chili n’avait des employés qu’à Madrid pour gérer le dossier du tourisme européen, évoque Adrien Champagnat, l’un des pilotes du dossier Europe pour Turismo Chile. Il y a eu une réorganisation quand le gouvernement s’est intéressé de plus près au tourisme. Ils ont mis en place de vrais moyens. »
Valparaíso, l'une des villes les plus demandées par les touristes (photo Anthony Quindroit)

Valparaíso, l’une des villes les plus demandées par les touristes (photo Anthony Quindroit)

Espagne, France, Angleterre et Allemagne sont devenus les pays à cibler prioritairement. L’Allemagne (avec 66000 visiteurs), la France (63800), l’Espagne (56000) et l’Angleterre (53000) sont des poids-lourds stratégiques : à eux quatre, ils représentent 25% des recettes touristiques du Chili pour seulement 12% des arrivées.
Pour 2012, le nombre de Français est déjà en légère progression avec 33500 visiteurs au premier semestre pour des séjours de douze à dix-sept jours en moyenne. La marge de progression reste importante.

  • « Globalement, le Chili pour le tourisme, c’est encore une feuille blanche. Il est déjà bien programmé par les tours-opérateurs. Mais, là où ça pèche, c’est que les agents ne savent pas vraiment vendre le pays. Nous avons un travail de formation à mener pour le faire connaître », glisse Julie Geoffroy de l’agence Interface, en charge du dossier Chili.

Les « classiques » Santiago, Valparaíso, Atacama et Patagonie trustent principalement les demandes. Sauf que le milieu du tourisme chilien veut développer les sites moins communs et moins connus : Chiloé, la région des Lacs…

  • « La plupart des touristes au Chili sont des « repeaters », des gens qui reviennent. Nous devons leur proposer des choses étonnantes », continuent Adrien Champagnat et Julie Geoffroy.

Six axes sont en cours de développement. Six thématiques de voyage mises en avant par le Chili : « Sport et aventure », « Culture et patrimoine », « Gastronomie et vins », « Art de vivre et loisirs », « Santé et bien-être » et « Nature et évasion ». D’autres thématiques sont à l’étude, comme un circuit autour des fromages (ce que Chili et carnets évoquait dans ce précédent papier ici). In fine, le pays veut attirer les touristes pour ses qualités intrinsèques et ne plus être un lieu de passage dans le cadre d’un voyage en Amérique latine.

Attirer les voyageurs grâce à des séjours thématiques ? Six projets sont lancés dont un autour de la gastronomie chilienne (ici, un curanto de Chiloé) photo Anthony Quindroit Chili

Attirer les voyageurs grâce à des séjours thématiques ? Six projets sont lancés dont un autour de la gastronomie chilienne (ici, un curanto de Chiloé) (photo Anthony Quindroit)

De quoi donner des envies d’ailleurs aux Chiliens ? Pas sûr. Voyager coûte cher et les revenus ne rendent pas les billets d’avions pour l’Europe abordables. Ainsi, sur 3,7 millions de Chiliens ayant voyagé à l’étranger en 2011, 3,5 millions sont allés dans les pays voisins (Pérou, Argentine…). Seuls 130 000 sont venus en Europe. La majorité – 80 000 en Espagne – l’autre pays « phare » étant la France avec 38600 touristes chiliens. A noter, trois Chiliens se sont rendus aux Bermudes en 2011. Si jamais ils passent par Chili et Carnets, qu’ils n’hésitent pas à nous faire signe !

Retrouvez la vidéo de Chile Travel pour assurer la promotion du Chili

Written by Anthony Quindroit

25 septembre 2012 à 19 h 19 min

13 Réponses

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  1. 2012 a été en nette régression au niveau touristique par rapport à 2011 (vu depuis San Pedro de Atacama). Avec l’euro qui est passé de 740 à 600 pesos, ça ne va pas dans le bon sens. Bien vu la note humoristique sur le fromage chilien, ça existe ? A part quelques produits (Los TIlos), il y a du plastique blanc, du plastique jaune, du plastique orange, mais pas trop de fromages…

    Alain Maury

    10 octobre 2012 at 20 h 17 min

    • Les chiffres sont en hausse. Le ressenti peut être différent d’une région à l’autre. Mais, à Santiago ou Valpo, c’est assez flagrant. Quant à la route des fromages… Peut-être les Chiliens n’ont-ils jamais goûté de fromages français…

      Anthony Quindroit

      10 octobre 2012 at 20 h 44 min

    • il y a tant de bonnes choses au Chili, pourquoi mentionner le fromage, même avec de l’humour, Vu de l’éxtérieur on pourrait s’y méprendre et croire qu’il y en a. Effectivement il y a des plastiques de différentes couleurs…
      Ne remue pas le couteau dans la plaie, c’est sans doute la chose qui me manque le plus…

      Jean-Pierre

      10 octobre 2012 at 21 h 30 min

      • Je ne le mentionne pas « avec humour », c’est quelque chose qui est « à l’étude ». J’ai été le premier surpris, mais il n’empêche que cela fait partie de leurs axes de réflexion pour que développer les thématiques touristiques. Ceci dit, et là c’est avec humour, s’ils ciblent les touristes anglais, ça peut passer…

        Anthony Quindroit

        11 octobre 2012 at 20 h 44 min

      • Cher Anthony,

        Tu peux te vanter de d’être taillé un franc succès en mentionnant le fromage chilien et s’il est à l’étude, ils ont du pain sur la planche. Evidemment s’ils suivent la honteuse recette de la fameuse madame Gile ils ne sont pas au bout de leurs déconfitures…
        Curieusement, il y a peu, chez une amie j’ai gouté un fromage qui n’était pas si mal même si, de la taille d’un crottin, il prétendait s’appeler « camembert »… et était au lait de chèvre ! mais quand on vit ici depuis si longtemps on est prêt à toutes les concessions.

        Jean-Pierre

        11 octobre 2012 at 21 h 48 min

      • Pour être également amateur de fromages, j’avoue que c’est ce qui me manque le plus de France quand je voyage. Et je constate, au fil des commentaires, que je ne suis pas le seul à apprécier ces spécialités… Allez, tiens bon ! Et si vraiment tu es en manque de camembert ou de Neufchâtel, j’ai de bonnes adresses dans ma région et peux t’en faire parvenir😉

        Anthony Quindroit

        11 octobre 2012 at 22 h 07 min

  2. Je vais au Chili pendant deux mois depuis 7 ans…j’adore les mariscos,le lomo,les frutillas,el vino,pero no habla de queso!!!!!!!!!!!!!!! C’est ridicule de vouloir attirer les Français avec du fromage.Qui a pondu cette idée stupide .Il est au courant que nous aimons les fromages,mais ne connaît pas les nôtres!!!!!!!!!!!Les Chiliens doivent faire admirer ce qui constitue leurs spécifités et n’ont pas besoin de nous imiter.Je suis stupéfaite par une telle erreur de communication.

    victoria

    11 octobre 2012 at 20 h 01 min

  3. Cher Anthony,

    Même si nous sommes restés focalisés sur « le » détail, je voulais te féliciter pour ton article. Il est vrai que le tourisme ici en est encore à ses premiers pas, néanmoins très prometteurs, surtout si je compare à la première fois où je suis arrivé ici et où l’on était accueilli à l’ancien aéroport par un grand placard qui disais : « Chili avanza en orden y en paz » (« le Chili avance en ordre et en paix »… la paix des cimetières on s’en doute et au pas de l’oie, c’était en 1983, pleine dictature) et il ne serait venu à l’idée de personne de venir y faire du tourisme, de fait le nouvel aéroport basés sur les chiffres de cette époque s’est révélé immédiatement insuffisant et il a fallut l’agrandir.
    De fait comme tu le dis au-delà des « classiques » il y a un potentiel impressionnant, des déserts du nord les plus arides du monde aux fjords et aux glaciers du sud en passant par toute la gamme de climats et paysages incomparables. De plus les palais chiliens sont en voie d’affinement accéléré, après le vin, la table et maintenant, l’écotourisme débutant.

    PS : Je viens de voir ta proposition dont je te remercie, mais importer des fromages ici ce n’est vraiment pas simple, même « Carrefour » s’y est cassé les dents et y a perdu rien de moins qu’un container de camemberts. Il faut avertir les visiteurs que les contrôles des produits animaux et végétaux sont extrêmement stricts et les amendes très élevées, même certaines célébrité (Bratt PITT, je crois) se sont fait coincés pour une… pomme ! Alors un Camembert ou un Maroilles bien fait ! Effectivement le Chili fort de sa situation géographique d’accès difficile cherche à se protéger de l’invasion d’un tas de plaies agricoles et autres.

    Jean-Pierre

    11 octobre 2012 at 22 h 43 min

    • Merci pour ce commentaire encourageant. Oui, le potentiel chilien est énorme. À titre personnel, je ne m’en lasse pas. Et j’espère que le tourisme ne saccagera pas les nombreuses zones encore sauvages qui.jalonnent le pays…
      Pour ce qui est des envois, effectivement c’est mission impossible ! Un bloc de foie gras, lors de mon dernier voyage, n’a d’ailleurs pas amusé la douanière… Donc, oui, évitons les problèmes !
      Au plaisir de te lire et merci de faire vivre ce site.
      Anthony

      Anthony Quindroit

      12 octobre 2012 at 0 h 08 min

      • Tout à fait d’accord avec toi sur le potentiel touristique du Chili qui n’en est qu’à ses balbutiements et tes espoirs que non seulement le tourisme mais pire encore des projets aussi absurdes que « l’autoroute énergétique » ne vienne à le dégrader.
        Si je n’ai jamais eu de problème avec le foie gras pour l’entrée au Chili (pourtant toujours détecté au scanner, bien sûr, mais dument déclaré*), en revanche la dernière fois que je suis revenu de France j’ai du me bâfrer avec ma femme justement 200g de foie gras à la douane de Roissy, crois moi ce n’est pas une tâche facile, surtout avec les doigts, même à 2 nous n’avons pas pu le finir, parce qu’il faut savoir que l’on ne peut pas sortir de France avec une boite de 200g de foie gras et nous n’allions pas les laisser la jeter à la poubelle. 2 boites de 100g : oui, une de 200g : non (par chance les 8 autres boites contenaient 100g chacune), ou sinon 200g et plus (jusqu’à combien ?) mais… en bocal transparent. Il est vrai que les attentats au foie gras sont les plus dangereux… j’imagine.
        * En fait j’ai entendu dire l’on peut passer même du camembert à la condition qu’il soit pasteurisé (mais est-ce encore du camembert ?). En fait en en faisant la déclaration on peut passer beaucoup plus de choses que l’on ne croit, j’en ai fait la preuve. Sinon…

        Jean-Pierre

        17 octobre 2012 at 19 h 52 min

  4. Pour développer le tourisme il me semble que le plus efficace serait de plus exploiter le potentiel touristique des grandes villes. Valparaiso possède un superbe patrimoine mais ne le rénove pas suffisamment, Santiago possède des quartiers très sympas mais pas vraiment de route touristique entre ces quartiers, et certains d’entre eux manque d’entretien (barrio Brasil, barrio Republica).

    Foromer

    3 novembre 2012 at 17 h 04 min

  5. […] à L’international french travel market (IFTM) Top Resa, dont Chili et carnets parlait ici), l’agence Interface Tourism – en charge de la communication touristique du Chili en […]


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