Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Chili, l’électrique au point mort

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En avril 2011, le président Sebastián Piñera inaugurait la première station de recharge de véhicules électriques à Santiago-du-Chili (photo Gobierno de Chile)

En avril 2011, le président Sebastián Piñera inaugurait la première station de recharge de véhicules électriques à Santiago-du-Chili (photo Gobierno de Chile)

Au Chili, vous avez plus de chances de voir un cavalier sur la Ruta 5 – l’autoroute qui traverse le pays du nord au sud – qu’une voiture électrique dans les rues de Santiago du Chili.
Ambitieux, le pays misait sur 200 000 véhicules électriques sur les routes chiliennes à l’horizon 2020. Finalement, les prévisionnistes ont revu leurs calculs à la baisse et se donnaient sept ans pour atteindre le score plus raisonnable de 70 000 véhicules électriques. Le chiffre devrait très probablement être révisé. L’Anac (Asociación Automotriz de Chile) n’a recensé que… quatorze ventes de ce type de véhicule sur les trois dernières années. Quatorze. Oui, 14.

Ce qui n’inclut pas les quelque 200 importations ni les améliorations faites maison. C’est déjà un peu plus que mi-2012 quand, dans tout le Chili, il n’y avait que cinquante véhicules électriques en circulation.  En parallèle, les ventes de voitures traditionnelles ont augmenté de 13% sur les neuf premiers mois de 2013.
Les raisons du peu d’enthousiasme sont multiples. D’abord, la défense environnementale n’est pas complètement entrée dans les mœurs. Certes, les 17 millions de Chiliens sont prêts à descendre dans la rue pour se mobiliser avec vigueur contre des projets de barrages en Patagonie. Mais il suffit de se promener dans le pays et de voir le traitement des déchets pour comprendre. Le tri ? Il ne fait son trou qu’à grand-peine depuis 2010. Alors, acheter une voiture électrique alors qu’il n’existe pratiquement aucune installation pour les recharger si l’on n’habite pas Santiago… Et, surtout, le prix de la bête : 30 millions de pesos, soit pas loin de 45000 €. Cher, beaucoup trop cher pour attirer les Chiliens vers ce mode de transport vert.
Les mesures incitatives ne sont pas non plus très développées. Les autorités tentent de rassurer et de faire de la pédagogie concernant les délais pour recharger les véhicules électriques. Le gouvernement a aussi indiqué que des taxis électriques seraient intégrés dans la flotte de Santiago. Mais, non, une telle somme à sortir, ça ne motive pas.
Le futur président – plus probablement, la future présidente (Michelle Bachelet, en tête, devrait se retrouver au second tour face à Evelyn Matthei) –  mettra peut-être l’accent sur ce volet. Rien n’est moins sûr : le candidat écologiste Alfredo Sfeir mis à part, la plupart des candidats évoquent peu cet aspect de leurs programmes.

Written by Anthony Quindroit

24 octobre 2013 à 19 h 42 min

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