Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Pérou – Chili : le match du Pisco arbitré par l’Europe

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Quelques bouteilles de Pisco produit au Chili (photo sous licence créative commons Felipe Menanteau)

Quelques bouteilles de Pisco produit au Chili (photo sous licence créative commons Felipe Menanteau)

La guerre du Pacifique est terminée de longue date – même si les répercussions continuent de se ressentir aujourd’hui. Pourtant, le Chili et le Pérou n’ont jamais vraiment cessé de s’affronter. Au centre du différend, une boisson. Pas n’importe laquelle : le Pisco. Fierté nationale au Chili. Et au Pérou aussi.
Depuis la nuit des temps (si l’on exagère un peu), les Chiliens et les Péruviens revendiquent chacun la paternité de cette eau-de-vie de raisins qui aurait certainement donné des suées aux Tontons flingueurs.

Eh bien, l’Union Européenne a tranché. Le Pisco est péruvien. Enfin, il vient du Pérou pour l’Union européenne.

  • « Le Pisco, une boisson spiritueuse du Pérou, vient d’être enregistrée en tant qu’indication géographique protégée (IGP) conformément au règlement UE n° 1065/2013 du 30 octobre 2013 », détaille l’Union européenne.

Une annonce dont le ministre des Relations extérieures péruvien, Rafael Roncagliolo Orbegoso, a salué, dans un communiqué daté du mercredi 7 novembre (attention, c’est en espagnol). Il faut dire que le Pérou a pris l’affaire très au sérieux et que cette annonce vient couronner de succès une importante mobilisation.
Mais, dans sa décision, l’Europe ménage la chèvre et le chou. Certes, le Pérou bénéficie de l’IGP, ce qui est plutôt valorisant à l’export. Mais cela ne veut pas dire que le Chili n’a plus le droit de baptiser son pisco « pisco ». Tout est dans la nuance :

  • « Conformément à l’accord établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d’une part, et la République du Chili, d’autre part, approuvé par la décision 2002/979/CE du Conseil, le «Pisco» est une appellation protégée de boissons spiritueuses originaires du Chili. Par conséquent, il y a lieu de clarifier que la protection de l’indication géographique «Pisco» pour les produits originaires du Pérou n’empêche pas d’utiliser cette appellation pour des produits originaires du Chili. »

Le Chili avait en effet signé un accord avec l’Union européenne en 2002, accord garantissant que le pisco produit au Chili pourrait continuer de s’appeler ainsi quoi qu’il arrive. Le Pérou a donc obtenu l’IGP. Mais cela ne porte pas, au final, préjudice au Chili. L’homonymie va subsister. Chiliens et Péruviens pourront donc continuer de fêter chaque année leur(s) boisson(s) ou encore célébrer le Piscola comme il se doit.
Il n’y a que sur le cocktail « Pisco sour » que l’on notera toujours la différence. Celui façon « chilena », mélange pisco, citron et sucre. Quant au « pisco sour peruano », il contient aussi un blanc d’œuf battu en neige et une touche d’Angostura.

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