Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Chili : la Re-Sentida et sa pièce pour changer le monde arrivent en France

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Les comédiens de "Tratando de hacer una obra que cambie el mundo" sont en France pour une pièce originale (photo DR)

Les comédiens de « Tratando de hacer una obra que cambie el mundo » sont en France pour une pièce originale (photo DR)

Une pièce de théâtre peut changer le monde. C’est en tout cas ce dont est sûr une compagnie recluse dans une cave où elle fait marcher la boîte à méninges afin d’écrire la pièce ultime. Celle qui secouera les peuples, qui réveillera les bourgeois, qui fera basculer le système. Bon, c’était sans compter que, à la fin de leur exil, la situation politique aurait complètement changée et que tout ce qu’ils pouvaient dénoncer n’existe plus…
Cette mise en abîme drôle et acide s’appelle Tratando de hacer une obra que cambie el mundo (en essayant de créer une œuvre qui changera le monde); elle est l’œuvre de la compagnie chilienne La Re-Sentida et mis en scène par Marco Layera.
Si la pièce tourne depuis deux ans dans le monde entier – elle était jouée récemment encore au Brésil -, la compagnie chilienne pose ses valises en France quelques jours, au Nouveau Théâtre de Montreuil, pour une série de représentations (en espagnol surtitré en français pour les non-latinistes).
Via Skype, depuis le Brésil, Marco Layera détaille le sens de cette pièce atypique qui semble faire l’unanimité à chacun de ses passages.

« Chili et carnets » : Comment est venue l’idée de cette pièce ?

  • Marco Layera : « Nous travaillons toujours sur des sujets qui peuvent nous mettre en contradiction, et un des thèmes était la question autour de l’efficacité du théâtre, son utilité aujourd’hui. C’est pourquoi nous avons voulu remettre en question ce que l’on nous a enseigné, c’est à dire que « le théâtre était un outil de changement social ». J’ai eu l’idée de cette pièce qui est basée sur le livre d’Albert Camus, Les justes. Sauf qu’à la place d’une cellule subversive qui veut changer la réalité via un acte terroriste, c’est une compagnie de théâtre qui veut faire la même chose en faisant son travail : une pièce de théâtre. »

Vous adressez tout de même un message à la jeune génération…

  • Marco Layera : « Sans doute, il s’agit d’une pièce générationnelle, mais elle est universelle. A quoi sert le théâtre aujourd’hui ? Et comment se situe notre génération ? Ce sont des questions que nous posons, que nous nous posons. »

N’est-ce pas également une critique de la société actuelle, d’une génération qui n’a plus de lutte ?

  • Marco Layera : « Oui, aussi ! Et de cette génération qui a combattu, qui avait des rêves… Et qui s’est installée. Ceux qui nous ont appris qu’un autre monde était possible, un monde basé sur l’égalité, la fraternité, la solidarité. Mais, quand ils sont arrivés au pouvoir, ils se sont reniés et se sont consacrés à l’administration d’un système laissé en place par la dictature et à la gestion de notre génération comme une lutte contre leur héritage politique. »

Comment cette pièce est-elle perçue ?

  • Marco Layera : « Dans notre répertoire, je la considère comme une pièce sympathique. Il y a beaucoup d’ironie et d’humour et elle ne cherche pas à être insolente. Cela fait deux ans que nous ne l’avons pas jouée au Chili mais elle a été bien reçue. Bon, il y en a toujours que ça dérange. Mais, en général, notre travail est bien suivi par les jeunes. »

Et donc, le théâtre peut-il changer le monde ?

  • Marco Layera : « J’aimerais le croire ! Mais la vérité c’est que sa portée est très limitée. Et l’être humain a été transformé en un être paresseux, que plus rien ne surprend, que rien ne change… Le théâtre, lui, reste un espace de liberté absolue. Et, à partir de ce moment là, il peut se transformer en instrument dangereux, séditieux. On peut utiliser ce potentiel. »

Comment convaincre les spectateurs français de venir assister à une représentation ?

  • Marco Layera : « C’est une pièce qui fait réfléchir, avec un humour très frais. Oui, ça fait réfléchir et rire, c’est une œuvre délirante avec beaucoup d’énergie dans laquelle nous posons beaucoup de questions. »

Comment est né le nom de la compagnie « La Re-Sentida », le re-sentiment ?

  • Marco Layera : « Quand nous avons fondé la compagnie, nous nous sommes interrogés : pour quoi faire du théâtre ? Et la réponse était : parce que nous étions blessés. Par notre histoire, par notre mémoire, par l’ordre actuel des choses. Nous étions blessés et non-conformes. Ressentir, c’est sentir à nouveau. Mais avec plus d’intensité. »

Un extrait ?

Rendez-vous au Nouveau Théâtre de Montreuil du jeudi 2 au dimanche 19 octobre, lundi, vendredi et samedi à 20h30, mardi et jeudi à 19h30, dimanche à 17h. Attention, relâches les dimanche 5, mercredi 8 et lundi 13 octobre.

Tarifs spectacle seul de 11 € à 22 € et pass de 8€ à 13€ la place.

A noter, à l’occasion de la venue de la compagnie chilienne La Re-Sentida, le Nouveau Théâtre de Montreuil organise également, en partenariat avec Attac 93 Sud et Politis,  un débat « L’Amérique du sud, toujours rebelle ? », jeudi 9 octobre à l’issue de la représentation, en présence de Patricio Arenas (conseiller pour l’Amérique latine, Directeur Fundación Patrimonio Nuestro au Chili) et de Rodrigo Olavarría (expert international des questions environnementales et l’eau en particulier, participants aux collectifs des chiliens à l’étranger)

Les papilles sont aussi à l’honneur avec des plats sud-américains proposés les soirs de représentation.

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