Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Présidentielle au Chili : les candidats se lancent

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Sebastián Piñera, à l'annonce des résultats de la primaire qui l'ont désigné comme candidat à la présidentielle (photo Facebook du candidat)

Sebastián Piñera, à l’annonce des résultats de la primaire qui l’ont désigné comme candidat à la présidentielle (photo Facebook du candidat)

Plus d’1,8 million d’électeurs ont voté aux primaires organisées dimanche 2 juillet 2017. Les Chiliens étaient invités à choisir les candidats du centre-droit – Chile Vamos (CV) – et de la coalition de gauche Frente Amplio (FA).
Dans le coin droit, sans vraiment de surprise, le milliardaire et ex-président Sebastián Piñera l’a emporté. Avec 58,36% des suffrages, il devance le sénateur Manuel José Ossandón (26,24%) et le député José Antonio Kast (15,40%). Ensemble, ils attirent plus d’1,4 millions de votants.

Beatriz Sánchez, la candidate du Frente amplio entend peser en novembre au milieu d'une gauche divisée (photo Facebook de la candidate)

Beatriz Sánchez, la candidate du Frente amplio entend peser en novembre au milieu d’une gauche divisée (photo Facebook de la candidate)

Du côté de FA, l’engouement pour la primaire est moins prononcé. 327 000 Chiliens inscrits sur les listes électorales sont allés exprimer leur choix. Et la majorité (67,56%) a choisi Beatriz Sánchez face au sociologue Alberto Mayol Sánchez (32,44%).
Premier constat, cette double primaire a mobilisé les électeurs de droite pourtant bien moins nombreux qu’en 2013 et échaudé par une primaire alors chaotique : les trois candidats principaux de ce qui s’appelait alors l’Alianza avaient dû abandonner et c’est finalement Evelyn Matthei qui s’était engagé dans la course face à Michelle Bachelet, l’actuelle présidente. Avant d’être largement battue au second tour (37,38% des suffrages soit 2 111 306 voix).
A gauche, en revanche, la mobilisation s’est littéralement effondrée. Qu’il semble loin le temps où Michelle Bachelet réunissait plus d’1,569 million de voix sur son nom dans une primaire de la gauche élargie à laquelle prenaient part 2,950 millions d’électeurs ! Mais il faut comparer ce qui est comparable et la gauche part désunie à cette présidentielle. Du côté de la Nueva Mayoría, dont est issue l’actuelle présidente, le candidat a déjà été choisi à l’occasion d’une primaire avortée faute de combattant : l’ex-président (2000-2006) Ricardo Lagos ayant jeté l’éponge et Carolina Goic, présidente du Partido Demócrata Cristiano (jusqu’alors partie intégrante de la Nueva Mayoría), se lançant en solo, c’est l’ex-journaliste devenu sénateur Alejandro Guillier (Libération évoquait sa désignation ici) qui représentera les socialistes dans la course à la présidence.
Les scores de la primaire sont donc à prendre avec des pincettes. Les enjeux sont amoindris et ne reflètent pas forcément l’état de la gauche chilienne, souvent présentée comme en déliquescence par les médias chiliens. Même si elle part avec un réel handicap : ce second mandat de Michelle Bachelet s’achève sans avoir résolu les éternels problèmes liés à l’éducation privée, les réformes constitutionnelles n’ont pas été menées et l’image de la présidente a été sérieusement écornée lorsque les soupçons de corruption ont frappé son entourage proche. Les dernières élections municipales ont d’ailleurs prouvé que son aura n’est plus suffisante pour porter les candidats de son camp vers la victoire.
Les questions d’immigrations (péruviennes, haïtiennes…) agitent aussi le pays de 18 millions d’habitants. Sans oublier les questions sociales (droit des Mapuches, droit des femmes à l’avortement…) et environnementales… Y’a-t-il une place pour un nouveau visage à la Moneda ? Sebastián Piñera a beau avoir l’expérience de la présidence, son image et son bilan moyen lors de son mandat, conjugué aux soupçons de corruption qui planent sur sa tête pourraient lui coûter cher. Les instituts de sondage le donnent toutefois pour l’instant en tête.
En voulant mettre les questions de retraite notamment au coeur de la campagne, Beatriz Sánchez pourrait séduire une frange de l’électorat plus à gauche qui ne porte plus vraiment dans son coeur les apparatchiks.
Sauf si la situation profite à Marco Enríquez-Ominami (MEO). Le président du Partido Progresista de Chile repart au combat pour la troisième fois consécutive (Chili et carnets l’avait rencontré ici).
Cinq candidats en lice pour l’instant. C’est moins qu’en 2013 : le record avait été battu avec neuf candidats à départager au premier tour. Il peut encore s’en passer des choses avant le 19 novembre 2017.

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