Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Fernando Karadima, mort d’un scandale

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Fernando Karadima, lors de son procès (capture d’écran CNN Chile)

L’ex-prêtre catholique chilien Fernando Karadima est décédé à 90.

Le nonagénaire était au cœur du plus gros scandale de pédophilie en Amérique latine. Les faits remontent aux années 1980 et 1990. Fernando Karadima était alors prêtre dans une paroisse de Santiago.

C’est en 2010 que le scandale a explosé. Trois victimes ont alors eu le courage de parler.

Sauf que la justice chilienne n’a pas pu poursuivre l’homme d’Église, les faits étant considérés prescrits.

Mais la mobilisation a poussé l’institution catholique à ne pas user de vieilles méthodes et à se pencher sérieusement sur le cas Karadima et à faire un petit coup de ménage dans ses rangs.

Il faudra attendre 2018 tout de même pour que Fernando Karadima soit défroqué. Et cette lenteur n’a pas vraiment plu à la justice chilienne puisque l’Église chilienne a été condamnée à verser 450000 dollars pour « préjudice morale » aux trois victimes.

D’autant que, malgré l’apparente volonté de purger le système, l’Église s’est à nouveau mise en délicatesse avec l’opinion publique lorsqu’un évêque a été nommé à Osorno (sud du Chili) alors qu’il lui était reproché d’avoir couvert les agissements de Karadima.

Ces scandales successifs ont entraîné une sévère crise de foi au Chili et le catholicisme, autrefois très présent même dans la gestion du pays a perdu de son influence. Même les parlementaires ont dû se montrer plus fermes et une loi a été votée en 2019 pour que les crimes sexuels commis sur mineurs deviennent imprescriptibles.

Reste que le décès de Karadima laisse un goût amer aux victimes. « Il n’était qu’un maillon de plus dans cette culture de la perversion et de la dissimulation dans l’Église », ont réagi les trois victimes à l’origine du scandale.

« Karadima est mort sans passer un seul jour en prison, grâce à la protection et au silence complice de l’Église catholique. Encore un qui meurt en toute impunité, dans le pays qui a promis « plus jamais ça » « , a réagi sur Twitter la députée communiste Camila Vallejo Dowling.

L’Église, elle, n’a pas réagi, considérant que Karadima ne faisait plus partie de ses rangs. Pas plus qu’elle ne commente les quelque 150 affaires d’agressions sexuelles dans lesquelles 200 ecclésiastiques chiliens seraient impliqués et qui concernent plus de 240 victimes dont la moitié de mineurs.

Written by Anthony Quindroit

26 juillet 2021 à 22 h 40 min

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