Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Las Siete Tazas : un paradis (presque) disparu

leave a comment »

Le "voile de la fiancée"

Se rendre sur le site des Siete Tazas demande une sacrée dose de motivation. Situé à plus de 290 kilomètres au sud de Santiago, il faut, pour y accéder, prendre une piste de terre et de gravillons depuis la petite ville de Molina (région del Maule – VII).
Passé le tape-fesses d’une bonne heure, le visiteur découvre un paysage fabuleux et paisible, protégé par la Corporación national forestal (Conaf – équivalent de l’ONF). Un Eden vert et bleu creusé dans la roche depuis des millénaires. Sa configuration actuelle remonterait au Miocène supérieur. Soit un saut de plus de six millions d’années en arrière.

Las Siete tazas tirent leur nom d'une succession de cascades

Le site des Siete Tazas tire son nom des sept cascades successives qui le composent. Là aussi, le temps et la nature ont fait leur œuvre. Depuis le Crétacé supérieur, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et  la glace ont canalisé la rivière Claro et creusé la terre sur différents niveaux. Sept bassins se sont ainsi créés en escalier et les eaux fraîches de la rivière s’y écoulent en cascades consécutives. Avant d’arriver sur la plus majestueuse, le salto Velo de la Novia. La chute du « voile de la fiancée ». Sacré voile tout de même du haut de ses cinquante mètres.
Aller admirer ses gorges vertes demande du temps, de la patience et un peu de sueur. Les chemins chaotiques menant vers les différents points d’observations ressemblent presque à une promenade de santé comparés à celui entraînant le visiteur vers le bassin du salto de la leona (chute de la lionne) où peuvent se baigner les visiteurs aventureux (et pas frileux !).

L’eau a disparu

Aujourd’hui, l’imparfait est de mise pour évoquer las Siete Tazas. Le tremblement de terre du 27 février dernier – 8,8 sur l’échelle de Richter – a changé la donne. Le site s’est asséché : « Las Siete Tazas n’ont plus d’eau, confirme une responsable de la Valle de las Catas, petit camping situé en contrebas. Lors du tremblement de terre, une crevasse s’est ouverte et a dévié le cours d’eau vers des nappes souterraines.  On perd sa trace sur environ quatre kilomètres. »

Le salto de la leona, avant le tremblement de terre. Aujourd'hui, le lit est à sec.

Les sept tasses sont donc à sec. Mais la situation ne semble pas désespérée. Les experts de la Conaf suivent de près l’évolution du site et ont constaté un retour progressif naturel du débit vers le lit antérieur. En effet, conséquence du tremblement de terre, le débit de la rivière n’aurait pas été suffisamment puissant pour dépasser le degré d’infiltration. L’arrivée des pluies et le retour à la normale sur le site devrait permettre au cours d’eau de retrouver son tracé initial. Peut-être dès cet hiver (juillet-août au Chili).
D’ici là, le site des Siete Tazas demeure fermé au public pour des raisons de sécurité. Les chemins d’ordinaire tortueux sont devenus quasi-impraticables après le tremblor.

Publicités

Written by Anthony Quindroit

12 mai 2010 à 16 h 16 min

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :