Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Férié ? Ce n’est pas joué…

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La Moneda (le palais présidentiel), pour le bicentenaire, propose un jour férié de plus. Pas deux... (photo AQ)

Cette année, et malgré le tremblement de terre de février, le Chili vit au rythme de son bicentenaire. C’est en effet le 18 septembre 1810 que s’est constituée la primera junta nacional de gobierno, une junte constituant les prémices du premier gouvernement d’autodétermination.
Depuis, chaque 18 septembre, ce sont las fiestas patrias. La fête nationale qui, comme le 14 juillet en France, est fériée. Cette année donc, plus encore que les autres, le gouvernement veut mettre les petits plats dans les grands pour célébrer son indépendance. Des dizaines de manifestations festives sont prévues dans le pays. Une chanson officielle est même diffusée en boucle depuis un an (si, si : allez voir par ici, ça s’appelle La fuerza de la libertad !).

Tout le pays se prépare pour les grandes festivités. Même le "héros" Condorito dévoilait en janvier un numéro spécial (photo AQ)

Alors, pour fêter dignement l’événement, il a été décidé d’augmenter, pour 2010, le nombre de jours fériés, en plus du samedi 18 septembre. L’idée germe le 11 mai dernier. La Moneda propose au Parlement de rendre férié le 20 septembre prochain. La proposition est tellement bien accueillie par le député Ricardo Rincón (parti Démocrate chrétien – le parti de l’ancien président Frei) qu’il propose, le 11 mai, de « fériériser » également le… vendredi 17 septembre !
Ces deux journées sont validées par la Chambre des Députés le 2 juin. Dans la foulée, la Moneda s’agace : une journée, d’accord (après tout, le gouvernement est à l’origine de l’idée !), deux, on frôle le veto…
Ce mardi 29 juin, les sénateurs ont voté à leur tour ces deux jours fériés. L’exécutif s’étrangle. « Rendre férié aussi le vendredi 17 septembre, c’est l’équivalent de 600 millions de dollars de production en moins. Soit la moitié de ce dont nous avons besoin pour reconstruire les écoles touchées par le tremblement de terre », s’énerve Christián Larroulet, ministre – secrétaire général de la Présidence (en charge des relations entre le gouvernement et le Congrès). L’argument n’a pas fait mouche : 22 voix « pour ». 15 « contre ». « Si c’est une décision démocratique, le gouvernement va s’aligner, promet la voix de la Moneda. Mais nous continuons d’insister sur le fait que ce vendredi doit être travaillé au nom de la reconstruction. » Et de brandir une nouvelle fois la menace du veto : « Il reste cette possibilité, nous verrons dans les prochains jours… »
Travailler plus pour reconstruire plus ? Ou travailler moins pour célébrer plus ? Une partie des hautes instances chiliennes semble avoir fait son choix.

Demócrata Cristiano de Chile
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Written by Anthony Quindroit

30 juin 2010 à 23 h 33 min

Une Réponse

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