Chili et carnets

Le Chili sous toutes les coutures

Archive for the ‘culture’ Category

Ángel Parra, l’artiste militant, s’est éteint

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L'artiste chilien Ángel Parra est décédé ce samedi 11 mars 2017 (photo Wikipédia commons, Roferbia)

L’artiste chilien Ángel Parra est décédé ce samedi 11 mars 2017 (photo Wikipédia commons, Roferbia)

Il était l’une des figures emblématiques du monde artistique chilien. Un chanteur et auteur engagé, contraint à l’exil après le coup d’Etat de Pinochet. Ángel Parra est décédé samedi 11 mars 2017. Il avait 73 ans.
La maladie l’a emporté à Paris où il vivait une large partie de l’année. Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

12 mars 2017 at 16 h 10 min

Caryl Férey, la face sombre du Chili

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Caryl Férey revient avec un polar bien noir dont l'intrigue se déroule au Chili. Un régal (photo Anthony Quindroit)

Caryl Férey revient avec un polar bien noir dont l’intrigue se déroule au Chili. Un régal (photo Anthony Quindroit)

Auteur de Mapuche mais aussi de Haka ou encore de Zulu (adapté au cinéma avec l’excellent Forest Whitaker dans le rôle principal), Caryl Férey est de retour avec un nouveau polar bien noir comme on les aime : Condor. Après l’Argentine dans son précédent récit sorti il y a déjà quatre ans, Caryl Férey franchit la Cordillère des Andes et arrive au Chili.
Là, dans le quartier pauvre de la Victoria,en périphérie de Santiago, des gamins meurent, fauchés par une drogue particulièrement pure et chère sans que la police ne bouge le petit doigt. Une jeune cinéaste en devenir décide d’essayer de faire bouger les choses : elle contacte un avocat atypique, spécialiste des causes perdues, pour activer l’enquête. Mais les relents de la dictature de Pinochet et de l’opération Condor rendent un peu plus nauséabondes cette histoire où se croisent gueules cassées, névrosés, Victor Jara, prêtre empathique et tueurs sadiques, trip halluciné et – ouf !  – un peu d’amour…
Si l’auteur a détaillé son parcours dans le quotidien Paris-Normandie, il est également revenu, pour Chili et carnets, sur son expérience au Chili. Mais pas seulement.

Comment as-tu découvert le Chili ?
Caryl Férey : « Quand je travaillais sur Mapuche, j’ai réalisé un deuxième grand voyage en Argentine et à cette occasion nous sommes allé au Chili, où vivent également des Mapuches. Mais leurs conditions de vie ne sont pas les mêmes qu’en Argentine. En Argentine, ils ne sont pas considérés comme terroristes, ils n’ont pas les mêmes problèmes de terre. C’est pour cela que j’ai séparé le livre en deux. J’avais plein d’informations que je gardais pour Condor. En écrivant Mapuche, j’avais déjà les bases. Mais les machis, tout cet univers, j’avais déjà la matière. » Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

15 juin 2016 at 18 h 51 min

Quercia, quand Santiago se fait noir

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"Tant de chiens", le nouveau roman (très) noir de Boris Quercia. Un coup de cœur

« Tant de chiens », le nouveau roman (très) noir de Boris Quercia. Un coup de cœur

En juin 2014, les éditions Asphalte dévoilaient en français le premier roman de Boris Quercia. Avec Les rues de Santiago, le Chilien, nouveau venu dans les librairies mais figure connue du mon de de la télévision et du cinéma au Chili – comme il l’expliquait dans cet entretien pour Chili et carnets, il est producteur, réalisateur et scénariste -, Quercia se lançait avec brio dans l’univers du polar.
Forcément, après avoir été emballé par son premier livre, on était en droit d’attendre beaucoup de ce deuxième opus, Tant de chiens, qui vient tout juste de sortir. Bilan des courses ? Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

8 novembre 2015 at 18 h 37 min

Ce Chilien qui a fait trembler la toile avec les Minions

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La photo du musée britannique par laquelle tout a commencé (photo DR)

La photo du musée britannique par laquelle tout a commencé (photo DR)

Le nom de Luciano Gonzalez ne vous parle certainement pas. Mais, si vous êtes un habitués des réseaux sociaux, vous avez probablement vu passer une photo qui l’a fait connaître.
Ce cliché est un montage. Dessus, on y voit des personnes avec un casque. Le texte qui l’accompagne est sordide et clair : ce que nous voyons là est un cliché réalisé par les nazis qui menaient des expériences. Luciano Gonzalez enfonce le clou : « «Le saviez-vous ? “Minions” (de l’allemand « minion » qui signifie sbire) était le nom donné aux enfants juifs adoptés par les scientifiques nazis pour leurs expériences. Ils passaient une grande partie de leur vie à souffrir, et comme ils ne parlaient pas allemand, leurs mots étaient des sons qui faisaient beaucoup rire les Allemands.» »
Mais, alors, fichtre, le film Les Minions qui fait rire des millions de personnes de par le monde serait inspiré par le sadisme des nazis et personne n’y trouverait rien à dire ?? Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

16 août 2015 at 19 h 24 min

Le Chili pleure l’artiste Margot Loyola

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Margot Loyola, une grande dame de la culture chilienne (photo DR/Bibliothèque nationale du Chili)

Margot Loyola, une grande dame de la culture chilienne (photo DR/Bibliothèque nationale du Chili memoriachilena.cl)

Elle n’entendait plus très bien, avait les plus grandes peines du monde à se déplacer mais elle avait conservé son regard franc et son acuité intellectuelle : l’artiste chilienne Margot Loyola est décédée lundi 3 août 2015 à l’âge de 96 ans. Paisiblement.
Peu connue à l’international, cette grande dame du monde des arts était une icône au Chili où deux jours de deuil national ont été décrétés. Drapeaux en bernes – comme ceux du navire Esmeralda en escale à Rouen – pour celle qui a, comme une autre figure du patrimoine artistique chilien Violeta Parra, œuvré pour la préservation et la redécouverte du folklore chilien.
Compositeur, guitariste, pianiste, elle a parcouru le pays couloir à la recherche de partitions oubliées et de pas de danse séculaires. Son engagement pour la culture chilienne a été récompensé en 1994 du Prix national des arts musicaux ; une première pour une artiste dite folkloriste.
Si l’histoire retient surtout l’action de Violetta Parra, les deux femmes étaient très amies et s’admiraient profondément. Mais avaient des styles radicalement opposés, comme Margot le rappelait au cours d’une interview au journal La Tercera, en 2010 :

  • « Moi, j’aimais l’école, les salles de classe, les études, les salons. Elle, non. J’avais une voix travaillé car j’ai étudié avec Blanca Hauser et cela a marqué mon timbre. Elle, non. Pour elle, une folkloriste qui étudiait le chant était perdue. Elle me disait « vous chantez pour les riches ». Je lui répondait : « vous faites de la politique, pas du folkore. » Mais Violeta était un génie. Moi, non. »

Pour beaucoup, Violeta était la voix du terroir, du peuple, de la gauche. Margot Loyola était, quant à elle, considérée comme la voix des officiers bien qu’elle n’a jamais été politisée.
Discrète depuis quelques années, elle ne courait pas après les célébrations ni les commémorations. Chaque anniversaire, disait-elle, « est une année de moins à vivre. Une année de maturité de plus, bien sûr, mais une année de moins à vivre et la vie est trop courte. Ce n’est qu’un éclat dans le temps. »
Des milliers de Chiliens lui ont rendu hommage à Santiago au cours d’une grande cueca, la danse nationale, avant des obsèques nationales.
L’artiste Margot Loyola avait demandé à ce qu’il n’y ait pas de fleur pour la cérémonie. Elle voulait que chacun apporte un produit alimentaire à donner à une association d’aide aux plus démunis.

Written by Anthony Quindroit

5 août 2015 at 19 h 28 min

Chili : les mineurs, en profondeur

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Héctor Tobar, l'homme à qui les 33 mineurs chiliens se sont confiés (photo DR Doug Knutson)

Héctor Tobar, l’homme à qui les 33 mineurs chiliens se sont confiés (photo DR Doug Knutson)

Le 5 août 2010, 33 mineurs sont pris au piège dans la mine San José, près de Copiapó, au cœur du désert d’Atacama. Un éboulement monstrueux a coincé ces 33 hommes à 700 mètres sous terre. Aucun moyen de communication avec l’extérieur, pratiquement aucunes vivres, aucun moyen de savoir s’ils seront secourus. Et, le cas échéant, quand… Bref, pas ou peu d’espoir. Pourtant, ils vont tenir. Vivre. Survivre. Plus de deux semaines sans connaître ce qui se passe au-dessus d’eux, si des recherches ont démarré, en avalant à peine de quoi nourrir un moineau tous les deux ou trois jours et en buvant de l’eau mâtinée d’huile de moteur.
De ces jours passés en totale autarcie, les mineurs n’avaient encore rien dit, ou alors le strict minimum. S’ils devaient parler, c’était pour le faire ensemble ou pas du tout. Avant la sortie d’un film, dans lequel Antonio Banderas incarne le bouillonnant Mario Sepúlveda, les 33 ont raconté leur histoire à Héctor Tobar. Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

13 mars 2015 at 0 h 18 min

Pedro Lemebel, la mort d’un artiste à part

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Pedro Lemebel, l'anticonformisme brut (photo Sebastian Tapia Brandes / Flickr DR)

Pedro Lemebel, l’anticonformisme brut (photo Sebastian Tapia Brandes / Flickr DR)

En France, le nom de Pedro Lemebel ne fait pas partie des plus connus. Au Chili, en revanche, l’annonce de sa mort, ce vendredi 23 janvier 2015, a suscité une vague d’émotion importante même si Pedro Lemebel ne faisait pas mystère de ses problèmes de santé. Âgé de 62 ans, il était atteint d’un cancer du larynx.
Pedro Lemebel était un homme atypique, un artiste aux multiples talents. Créateur visuel, il venait de terminer une grande exposition d’œuvres inédites, dans la célèbre galerie d’art D21 à Santiago du Chili. Mais Pedro Lemebel était également un auteur et un poète. En France, seul un de ses romans a été édité, Je tremble, ô matador, traduction de son Tengo miedo, torero, stupéfiante histoire d’un travesti amoureux d’un anti-Pinochet et dont les péripéties se mélangent aux pensées secrètes du dictateur et de sa stupide femme. Lire la suite »

Written by Anthony Quindroit

23 janvier 2015 at 20 h 10 min

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